mardi 19 juillet 2016

Un gouvernement incompétent ou complice du malheur de son peuple ?



Ce n’est pas par complaisance que cette question alimente les analyses des femmes et des hommes à l’Est de la République dite «Démocratique » du Congo. C’est une question qui mérite d’être posée au grand jour surtout lorsqu’on est réveillé, et presque quotidiennement par des appels de détresse du peuple abandonné et massacré cruellement par des inconnus qui opèrent sans aucune inquiétude. Le gouvernement est censé protéger et sécuriser son peuple. Et si, par inadvertance, l’ennemie vient à lui échapper – chose qui peut arriver à n’importe quel gouvernement – il est du devoir du pouvoir ou des élus de présenter ne fut-ce que des condoléances aux familles des victimes. Il n’y a plus de dignité pour les morts du Congo ! Les femmes et les hommes meurent comme s’ils n’avaient jamais vécus. Il n’y a que les réseaux sociaux et quelques sites Internet des particuliers qui honorent leurs mémoires. Le gouvernement se tait ! Est-il devenu muet ? Si tel est le cas, leurs électeurs à l’Est de la R.D. Congo, supportent mal ce mutisme. Comment est-il possible de garder le silence sur les massacres ignobles de son peuple ? Les cas les plus récents viennent de se passer dans le territoire de Beni et celui de Rutsuru (au Kivu) :

De Beni, nous apprenons que « Ce samedi 16 juillet 2016, une nouvelle page rouge, celle de l’encre de sang, s’est fait signaler à Vemba, non loin de MAVIVI, en territoire de Beni, et à Ngadi. Les assaillants ont une nouvelle fois fait irruption dans ces deux localités et y ont sauvagement massacres des civils sans défense par toutes sortes d’armes, en l’occurrence à la machette. Le communiqué fait état d’au moins neuf morts, abattu pour la plus part à la machette, ce bilan porte uniquement pour le cas de Vemba (MAVIVI). A Ngadi, il y a eu également plusieurs victimes, dont Monsieur Claude qui a été cruellement décapité.» [http://benilubero.com/beni-encore-jusques-a-quand-ce-bain-de-sang-est-ce-que-le-monde-voit-ca-vraiment/]

Et de Rutsuru, la même source de benilubero.com nous renseigne qu’à Kibirizi il est difficile de compter les morts « Flash… C’est la nuit, on ne saura pas compter les morts ! L’enterrement de l’ancien président de la commission électorale nationale indépendante de la R. D. Congo, monsieur l’Abbé Malumalu est fini à Butembo. Les fils et filles de cette contrée pleurent encore leur pasteur… Hélas, le malheur ne vient jamais seul. Quelques heures plus tard, Kibirizi (dans le Bwito) territoire de Rutshuru s’est transformé en théâtre de massacres. D’après les personnes sur place, le calvaire des massacres a commencé autour de 21h (18 juillet 2016). Jusqu’à minuit, les crépitements des fusils dominent la petite cité de Kibirizi. Et il se fait nuit, très sombre pour s’enquérir avec précision du nombre des morts et des motifs de ce carnage…En attendant la levée du soleil et d’autres précisions, nous demandons au gouvernement congolais de sécuriser les populations qu’il est censé protéger.» [http://benilubero.com/flash-cest-la-nuit-on-ne-saura-pas-compter-les-morts/]

Les images sont atroces ! Surtout celle de cette dame dont le corps git dans le sang. Elle avait déjà tressé ses cheveux…Je pense qu’elle doit avoir une trentaine d’années. Elle est vraiment belle ! Mais pour le moment son cadavre traine dans le sang. Devant ces atrocités, aucun gouvernement normal ne peut rester indifférent ! Si le gouvernement est devenu un système monstrueux, aucune personne humaine au gouvernement ne peut se payer le silence face aux égorgements de Beni et de Rutsuru.

En outre, ce n’est pas la force ni la compétence qui manquent au pouvoir en place : « les Forces armées de la République Démocratique du Congo, (FARDC), sont 10ème  en Afrique selon le classement des armées de Global Fire Power, (GFP),  sur les 30 meilleures du continent et première meilleure armée de l’Afrique francophone subsaharienne, en 2016. » [http://www.mediacongo.net/article-actualite-17984.html]

Personne ne peut donc comprendre que les violences macabres (viols, enlèvements, égorgements, assassinats, massacres, etc.) peuvent perdurer pendant plusieurs années et causer plus de 8 millions de morts alors que le pays est doté d’une force capable de contrer les barbaries. Au lieu d’intervenir, le gouvernement choisit le silence. Même pas un mot de condoléances. Même pas un deuil national. C’est cette attitude qui nous pousse à interroger le niveau de complicité du gouvernement avec ceux qui endeuillent tout en pillant les richesses du Congo. Le silence est devenu une arme de guerre qui profite aux géants des nouvelles technologies surtout téléphoniques. Au cœur de cette guerre il y a le coltan, minerai indispensable pour les appareils dits « intelligents ».

Le peuple est donc laissé à son triste sort. Il est toutefois appelé à se réveiller. Il demeure pour le moment la dernière ligne droite avant la descente en enfer. Il est encouragé à devenir acteur et non pas victime comme il a toujours été représenté aux yeux du monde. C’est en devenant acteur dans le rétablissement de la paix qu’il peut demander des comptes ou désavouer le gouvernement qui se révèle corrompu et pourquoi pas complice du malheur de son peuple.

Père Gaston Mumbere      

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